J’ai lu • L’Ours – Histoire d’un roi déchu (Historien Michel Pastoureau)

Coup de cœur lecture

Dans mes dernières lectures j’ai était particulièrement absorbé par un des derniers livres de Michel Pastoureau au titre évocateur « L’Ours, Histoire d’un roi déchu ».

L’auteur

L’historien plus connu pour ses recherches et son enseignement sur les couleurs tous problèmes confondus (histoire, symbolique, etc..) revient ici à ses premiers amours avec cet essai « L’Ours, Histoire d’un roi déchu ». En effet, sa thèse d’histoire de 1972 portait sur « le bestiaire héraldique du Moyen Âge ».

A l’époque le sujet n’intéresse pas vraiment les historiens qui considèrent l’héraldique comme un sujet démodé tandis que les animaux sont un sujet naïf. Cela n’empêchera pas l’auteur de continuer ses recherches en parallèle à sont intérêt pour les couleurs et leur évolution historique.

Le livre

L’auteur retrace les cultes dont a fait l’objet l’Ours pendant des millénaires. Considéré comme le roi des animaux en Europe, il a vite été remplacé, dans l’imaginaire collectif, par le lion dès le moyen âge. Remplacement largement soutenu par l’église chrétienne qui, effrayée, par la force brutale de l’animal et par la croyance qui faisait de lui un être trop proche de l’homme.

La plus grande partie du livre s’efforce à démontrer la force brutale qu’exerça l’Église Chrétienne pendant près d’un millénaire afin d’éradiquer les mythes et cultes païens lié à l’animal au profit de saints, forcément, plus forts que la bête.

Dans ce livre, Michel Pastoureau retrace l’histoire de l’ours depuis le paléolithique. Il explique comment cet animal est passé d’un statut de « roi » voir de demi-dieu à un ours en peluche aujourd’hui.

Livre - Ours - Pastoureau - QuentinMailet

Extraits

Dans l’immense corpus de textes arthuriens, l’érudition a relevé d’autres indices – souvent discrets – de l’ancienne origine animale du roi Arthur, qui ont surtout trait au calendrier. Ainsi la date de la « mort » du roi. Elle se situe quelques jours après la grande bataille de Salesbières, qui constitue le crépuscule de la chevalerie arthurienne et la fin des aventures de la Table Ronde. Or, aux dires de l’auteur de la Mort le roi Artu et de plusieurs autres textes, cette bataille a eu lieu le jour de la Toussaint. Arthur a donc disparu dans la première moitié de novembre, c’est-à-dire à un moment du calendrier païen où se situaient, un peu partout en Europe, différentes fêtes venues du fond des âges pour célébrer l’ours s’apprêtant à en entrer en hibernation. L’Église chrétienne, effrayée par les rituels barbares qui accompagnaient ces fêtes, a de bonne heure cherché à les éradiquer. Pour ce faire, elle a placé à ces dates les fêtes de saints ou de saintes ayant tous un nom ou une histoire en rapport avec l’ours (Ursule, Ursin, Mathurin, etc.). […]

Conclusion

…Riche et dynamique

Malgré un sujet qui peut paraître léger en raison de la vision souvent puéril lié à l’animal, cet essai s’émancipe de cette image en nous entraînant dans une histoire fascinante du formatage de nos visions culturelles. En effet, en mobilisant différents aspects des connaissances humaines (scientifiques, théologiques, linguistiques, iconographiques…) l’auteur nous fait réfléchir sur l’évolution et l’influence de notre héritage culturel qui joue chaque jours sur notre perception du monde.


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